Prix Robert-Scheimbet

Histoire du prix

Le 24 mars 1924, Mme Emma Robert, née Scheimbet, créait par testament un fonds destiné à récompenser les personnes « qui se seront illustrées par un dévouement obscur et prolongé ».


Il s’agissait de reconnaître, non pas ces actions d’éclat qui frappent par leur côté héroïque et saisissant et trouvent généralement leur récompense dans la publicité qui leur est faite dans les médias, mais de distinguer les personnes qui, simplement, modestement, discrètement, ont accompli pendant des années ce qu’elles considéraient comme leur devoir envers elles-mêmes et leur prochain, sans en attendre de récompense.

Mme Robert-Scheimbet avait l’intuition qu’après les effroyables massacres de la Grande Guerre et l’hécatombe de la fièvre espagnole, le 20e siècle serait celui de l’individualisme et de l’abandon à l’Etat de toute responsabilité, de toute initiative devant les duretés de la vie en société. Elle avait réalisé que la Société Genevoise d’Utilité Publique s’efforçait de réagir contre cette malheureuse tendance à se décharger sur l’Etat de tâches qui font appel au coeur plus qu’à la raison, au dévouement personnel plus qu’aux règles de l’administration.

Et c’est ainsi que la SGUP s’est vue chargée de gérer le fonds créé par Mme Robert-Scheimbet et de remettre aux lauréats désignés par son comité, en témoignage d’estime et de reconnaissance, la médaille d’argent de la SGUP et une modeste somme d’argent. En accomplissant les dernières volontés de Mme Robert-Scheimbet, la SGUP contribue concrètement à l’encouragement et à la promotion du bénévolat.

2024

Dan Acher

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné à Dan Acher pour sa contribution remarquable au rayonnement de Genève à travers des projets artistiques et citoyens favorisant le vivre-ensemble. Fondateur de l'association Tako et du Happy City Lab, il conçoit depuis plus de vingt ans des installations et événements gratuits qui transforment l'espace public en lieu de rencontre, d'échange et de créativité. Des initiatives telles que les Pianos égarés, Breathe ou encore le soutien à CinéTransat illustrent sa volonté de rendre la culture accessible à toutes et à tous, tout en renforçant les liens entre les habitants. En distinguant Dan Acher, la SGUP a souhaité saluer une vision innovante de l'utilité publique, où l'art devient un puissant vecteur de cohésion sociale, de participation citoyenne et d'appropriation de l'espace commun.

2023

Emmanuelle Richoz Zogg

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné à Emmanuelle Richoz Zogg en reconnaissance de son engagement de longue date en faveur de l'insertion des jeunes dans la vie professionnelle. Enseignante et membre très active de la SGUP pendant de nombreuses années, elle est à l'origine de plusieurs initiatives marquantes, notamment les Ateliers Jeunes, qui mettent en relation des élèves de dernière année du cycle d'orientation avec des professionnels venus partager leur parcours, ainsi que du développement du projet LIFT à Genève, destiné à accompagner des jeunes en difficulté dans leur transition entre l'école et le monde du travail. Par son action persévérante, sa capacité à mobiliser des bénévoles et des partenaires, et sa conviction que chaque jeune mérite une chance de trouver sa voie, elle a contribué à ouvrir des perspectives concrètes à des centaines d'adolescents. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer un engagement exemplaire, discret mais profondément transformateur, au service de la jeunesse genevoise.

2022

Edouard Coquoz

Le Prix Robert-Scheimbet a récompensé le Dr Édouard Coquoz pour son engagement exceptionnel au service des personnes les plus précaires. Dentiste bénévole de longue date au Point d'Eau, structure sociale de l'association Carrefour-Rue à Genève, il a consacré une part importante de sa retraite à prodiguer des soins dentaires à des personnes n'ayant souvent aucun accès aux traitements. Son action a permis à des centaines de bénéficiaires de retrouver non seulement leur santé bucco-dentaire, mais aussi leur dignité et leur confiance en eux. À travers cette distinction, la SGUP a salué une forme d'utilité publique fondée sur la générosité, le bénévolat et l'attention portée aux plus vulnérables.

2021

Patrick Baud

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2021 au pasteur Patrick Baud pour son engagement fidèle et profondément humain auprès des personnes hospitalisées aux Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Très investi au sein de la Fondation privée d'entraide pour les patients des HUG, il œuvre depuis de nombreuses années pour apporter un soutien matériel et moral aux patients confrontés à la maladie, à la précarité ou à l'isolement. Grâce à la mobilisation de nombreux donateurs et bénévoles, la Fondation répond à des besoins concrets souvent ignorés par les dispositifs classiques, offrant une aide discrète mais essentielle à celles et ceux qui traversent des situations particulièrement difficiles. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer un engagement empreint de solidarité, de compassion et de dévouement au service des plus fragiles.

2018

Isabelle Alexandrine Bourgeois

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2018 à Isabelle Alexandrine Bourgeois, journaliste nomade et fondatrice du projet Joy for the Planet. Engagée depuis de nombreuses années en faveur d’une information positive et porteuse d’espoir, elle parcourt les routes à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, souvent dans l’ombre, pour améliorer le monde qui les entoure. À travers ses reportages, elle donne une visibilité à ces initiatives inspirantes et favorise la transmission de valeurs telles que la solidarité, l’enthousiasme et la confiance en l’être humain. Elle distribue également de petites lampes solaires, symboles de lumière et d’espoir, au fil de ses rencontres. En lui remettant cette distinction, la SGUP a salué une démarche originale et profondément humaniste, mettant le journalisme au service de celles et ceux qui font vivre l’utilité publique au quotidien.

2017

Barbara Bianchi

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2017 à Barbara Bianchi, fondatrice et directrice de l'association Lecture et Compagnie, en reconnaissance de plus de vingt ans d'engagement au service des personnes âgées, malades ou en situation de handicap. Née d'une expérience personnelle auprès d'une amie devenue malvoyante, l'association propose des lectures à domicile ou en institution afin de rompre l'isolement et de maintenir un lien culturel et humain avec celles et ceux que la maladie ou la perte d'autonomie éloignent progressivement de la vie sociale. Grâce à la persévérance de Barbara Bianchi et à l'engagement de nombreux bénévoles, Lecture et Compagnie est devenue une référence à Genève dans la lutte contre la solitude. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer une femme de conviction dont l'engagement discret, généreux et durable illustre parfaitement les valeurs du Prix Robert-Scheimbet.

2016

Anne-Marie Struijk

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2016 à Anne-Marie Struijk, fondatrice de La Maison de Tara, en reconnaissance de son engagement exceptionnel auprès des personnes en fin de vie. Après près de dix années de réflexion, de démarches et d’efforts, elle a permis l’ouverture, en 2011 à Chêne-Bougeries, de cette maison inspirée du modèle des hospices anglo-saxons et néerlandais. La Maison de Tara offre une alternative chaleureuse et non hospitalière aux personnes qui ne peuvent plus rester à domicile, tout en accordant une attention particulière à leurs proches. Présidente du Conseil de fondation et directrice bénévole, Anne-Marie Struijk a su mobiliser autour de ce projet une importante équipe de professionnels et de bénévoles. En lui remettant cette distinction, la SGUP a salué une personnalité profondément dévouée, dont l’action discrète et persévérante a contribué à rendre la fin de vie plus humaine, plus intime et plus apaisée.

2014

Georges Duperrex

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2015 à Georges Duperrex en reconnaissance de son engagement exemplaire en faveur des personnes en situation de handicap mental. Président de la fondation Ensemble durant près de vingt ans, il a joué un rôle déterminant dans le développement de cette institution genevoise, qui accompagne des enfants, des adolescents et des adultes vivant avec une déficience intellectuelle. Sous son impulsion, la fondation a renforcé ses prestations d'accueil, de formation, d'hébergement et d'accompagnement, tout en favorisant l'inclusion et la pleine participation des personnes concernées à la vie de la cité. Par son sens de l'écoute, sa vision et son engagement bénévole de longue haleine, Georges Duperrex a contribué à faire évoluer le regard porté sur le handicap et à améliorer concrètement la qualité de vie de nombreuses familles. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer une action durable au service de la dignité, de l'autonomie et de l'inclusion des plus vulnérables.

2013

Françoise Spahr

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2012 à Françoise Spahr en reconnaissance de son engagement exceptionnel au service des personnes les plus fragiles. Fondatrice de Plainpalais Accueil, elle a consacré pendant onze ans son énergie à offrir, avec une équipe de bénévoles, un repas chaud chaque dimanche aux personnes en situation de précarité, faisant de cette initiative un véritable lieu d'accueil, de solidarité et de dignité. Loin de s'arrêter là, elle a ensuite créé l'association Des Fleurs avant le Pain, destinée à apporter aux personnes âgées isolées ces petits plaisirs qui rendent la vie plus douce : sorties, activités, moments de convivialité ou gestes d'attention qui complètent l'aide matérielle. À travers ces deux réalisations, Françoise Spahr a démontré qu'au-delà de la satisfaction des besoins essentiels, l'écoute, le lien social et la joie partagée sont aussi des dimensions fondamentales de la solidarité. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer une femme dont l'engagement, à la fois visionnaire et profondément humain, a durablement marqué le paysage associatif genevois.

2012

Irène Verrey

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2012 à Irène Verrey en hommage à plus d'un demi-siècle de bénévolat au service de l'Association pour le Bien des Aveugles. Dès 1958, elle met sa voix et son talent de lectrice au service des personnes aveugles et malvoyantes en enregistrant des ouvrages destinés à la bibliothèque sonore de l'association. Pendant plus de cinquante ans, elle a permis à des centaines d'auditeurs de continuer à découvrir la littérature, de s'évader par la lecture et de rompre l'isolement. Comme elle le résumait elle-même, le livre parlé lui offrait la possibilité de « faire ce qu'elle aime et que cela soit utile ». Son engagement a créé un lien privilégié avec ses auditeurs, dont certains avaient le sentiment de passer leurs journées en sa compagnie simplement en l'écoutant lire. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer un dévouement d'une fidélité exceptionnelle, illustrant parfaitement l'esprit du Prix Robert-Scheimbet : un engagement discret, patient et durable au service des autres.

2010

Françoise Jacquemet

Le Prix Robert-Scheimbet a été décerné en 2010 à Françoise Jacquemet en reconnaissance de son engagement bénévole au sein de la Fondation Cap Loisirs, qui favorise l'intégration sociale, culturelle et de loisirs des personnes en situation de handicap. Durant près de dix ans, elle a mis son sens de l'organisation, sa créativité et son énergie au service des nombreuses manifestations de la fondation. Elle a notamment coordonné pendant de nombreuses années les équipes de bénévoles chargées de la vente des badges de la Saint-Valentin, action emblématique de soutien à Cap Loisirs. Son talent artistique s'est également exprimé dans la conception des décors du premier Balabulles, ainsi que dans l'organisation de la restauration lors de spectacles réunissant des personnes en situation de handicap. Par son dévouement, sa disponibilité et sa grande modestie, Françoise Jacquemet a contribué à faire de chaque événement un moment de rencontre, de partage et d'inclusion. En lui remettant cette distinction, la SGUP a souhaité saluer une bénévole dont l'engagement fidèle et discret illustre pleinement l'esprit du Prix Robert-Scheimbet.

Prix Robert-Scheimbet

2007 Jeanne Attarian et Jean Marty Emmaüs / Centre Partage ; Handisport Genève

2004 Alain Dupont / Association Trajets 

2000 Simone Pittard et Anne-Marie Dufresne / Vestiaire du Centre social protestant ; Vestiaire de Caritas

1999 Françoise Naz / Section genevoise de la Fondation pour l’aide aux enfants suisses de l’étranger

1995 Vladimir Halpérin / « Apôtre infatigable de l’enfance »

1993 Révérend-Père Jean-Marie Viénat / Association LE CARÉ

1992 Lieutenant-colonel Jean-Pierre Vogel / Armée du Salut

1991 Noël Constant / La Coulou



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