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2003
 

1828-2003 - Souvenirs de la fête
du 175e anniversaire de la SGUP
mardi 24 juin 2003 à Confignon
(GE)

Pour faire mieux connaître aux jeunes générations en particulier,
les raisons d'être, les objectifs et les projets de la
Société genevoise d'utilité publique,
nous avons décidé de fêter notre 175e anniversaire
autour d'un spectacle remarquable de jeunes artistes de l'Association Une fois, un cirque...
qui nous a présenté sa nouvelle production intitulée "La Boîte à malices".

      

 

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Parution de l'ouvrage d'Alfred Berchtold
"Vocation journaliste -
trajectoire de Claude Richoz
1929 - 2001"

Ouvrage retraçant la vie et l'œuvre de celui qui fut, pendant plusieurs années,
un président d'exception de la SGUP.

 

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Durant l'hiver 2002-2003, la SGUP organisait,
avec la participation du journal Le Temps,
un concours sur le thème

"Quelle est, selon vous,
la vraie richesse de la Suisse ?"

175e ANNIVERSAIRE
 

pour agrandir les photos, cliquez dessus !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous sommes à Confignon; il fait chaud, très chaud; mais ils sont là, comité de la SGUP, bénévoles zélés, et tout ce que la bonne société genevoise compte de personnalités engagées.

Jupes longues, pantalons bien taillés, hommes élégamment cravatés, buffet copieusement servi; on se connaît, se reconnaît... embrassades.

Dans moins d’une heure tout ce beau monde sera convié sous le chapiteau  de l’association «Une fois un cirque» pour assister à la représentation de «La boîte à malices» donnée par l’école de cirque de Confignon  qui accueille depuis 1984 des enfants de 4 à 20 ans.

Pour l’heure, l’amie qui m’accompagne s’inquiète «il manque un peu de musique», mais on ne se rend pas à l’anniversaire de la SGUP pour écouter de la musique, mais pour discuter, se congratuler… et fêter, comme il se doit, la longévité de cette vénérable société.

Le nouveau président, Christian Huber, vient d’annoncer le début de la partie officielle, il donne la parole à M. Laurent Moutinot, Président du Conseil d’Etat et M. Bernard Lescaze, Président du Grand Conseil et éminent historien qui termine en ses termes : «la SGUP est décidément très jeune». Tonnerre d’applaudissements.

La musique retentit; le spectacle peut commencer. Soudain  le chapiteau s’emplit de lumière; une libellule forte et fragile suspendue à une corde tressée s’agite en arabesques enchanteresses; des garçons enveloppés dans de grands tabliers de jardiniers arrosent des enfants-fleurs dont les bras de porcelaine blanche montent en corolles nacrées dans l’air surchauffé.

Les trapézistes font un pied de nez à l’apesanteur et offrent à voir des corps mi-femmes mi-enfants gainés de maillots de velours aux couleurs chatoyantes.

Les garçons aux cerceaux s’adonnent sur un rythme endiablé aux jeux de la plage. Les ballons volent  et les petits s’exclament!

Des petites filles savamment maquillées comptent les pas qu’elles effectuent en cadence. C’est beau, bien réglé plein de rigueur et de fragilité.

Les spectateurs restent bouche bée comme des enfants en prière. Seul un petit garçon derrière moi répète inlassablement «ils sont où les tigres papa?» Et son père de répondre «ils viendront plus tard, tu verras!»

La boîte magique enrubannée de vert trône sur le côté gauche de la scène; il en sort des numéros extraordinaires qui nous ravissent le cœur et nous ramènent à nos émotions d’enfance.

Entracte! Le comité se félicite de la bonne tenue du spectacle. Les artistes en herbe viennent glaner les félicitations d’un public conquis.

Chacun regagne sa place, et c’est l’apothéose.

Une trapéziste s’élance, souriante et sereine. Elle emplit la voûte céleste de la tente de milles figures impressionnantes et périlleuses sans jamais se départir de cette joie transmissible d’être là-haut  sous le ciel constellé de la petite commune de Confignon.

Le public applaudit à tout rompre... et c’est la farandole finale, le salut des artistes.

Oui, en choisissant le spectacle de l’école de cirque  «Une fois un cirque» la Société genevoise d’utilité publique entre de plain-pied dans la modernité.

Danielle Meynet

ALLOCUTIONS
du 175e

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Allocution de M. Laurent MOUTINOT
Président du Conseil d'Etat

La Société genevoise d'utilité publique fête son 175ème anniversaire. C'est ainsi l'une des plus anciennes sociétés civiles encore active à Genève - la plus ancienne société genevoise encore active étant la société militaire Navigation - Arquebuse fondée en 1474.

Votre Société appartient à l'histoire genevoise. Elle est à l'origine de progrès considérables dans de nombreux domaines : qu'il me soit permis de citer son rôle décisif dans la création de la Croix-Rouge, sa lutte contre l'alcoolisme avec notamment la création du Centre Revillod, ses efforts en faveur des prisonniers et de leur réinsertion, son soutien à l'instruction publique.

Bon nombre de tâches aujourd'hui assurées par l'Etat trouvent leur origine dans les réflexions et les projets de la Société genevoise d'utilité publique, véritable creuset d'idées généreuses. 

Au nom du Conseil d'Etat, je vous adresse mes vives félicitations à l'occasion de ce brillant anniversaire. Vous avez choisi de le fêter, entre autres manifestations, par un spectacle de cirque. Joli clin d'œil de la part d'une société aussi sérieuse que la vôtre ! 

Au cours de votre longue vie, votre rôle a changé : en effet, si au 19e siècle il fallait lancer des idées, créer de nouvelles institutions, il faut aujourd'hui plutôt trier dans le foisonnement des projets, rappeler les valeurs essentielles de l'utilité publique, du bien commun. Ce rôle d'autorité morale me paraît essentiel dans un monde où le mercantilisme et les pressions médiatiques pèsent trop lourdement sur les choix de société et empêchent de distinguer l'intérêt commun des intérêts particuliers. 

Peut-être y a-t-il un nouveau champ d'activité et de réflexion pour la Société genevoise d'utilité publique : devenir une référence morale, proposer un lieu de débat, stimuler la réflexion autonome. Ce serait en tout cas dans la droite ligne de ce qu'ont voulu les fondateurs de votre société et cela rendrait un estimé service à l'évolution des idées que de les soumettre à une critique intellectuellement honnête plutôt qu'à l'applaudimètre et aux sondages d'opinions.

En conclusion, je rends hommage à tous les membres de la Société genevoise d'utilité publique qui, au cours de ses 175 années d'histoire, ont énormément apporté à Genève, et je souhaite aux dirigeants actuels, le dynamisme et l'énergie nécessaires pour poursuivre encore longtemps la réflexion et l'action sur l'utilité publique. Les termes mêmes d'utilité publique fleurent bon le XIXème siècle ; ils sont en réalité plus d'actualité que jamais.

 

Allocution de M. Christian HUBER
Président de la SGUP

Introduction
Reprendre la présidence de la Société après 7 ans - puisque je la présidais déjà en 1996 -, c'est un honneur mais surtout un défi face à l'ampleur des réalisations passées et à l'action éminente de mes illustres prédécesseurs :
* Jean DE SENARCLENS, notre président d'honneur, qui a animé la Société durant 12 ans et participe toujours activement à nos travaux et
* les 8 années de présidence de Claude RICHOZ qui nous a quitté il y a deux ans, mais reste très présent dans l'esprit des membres du comité.

Passé prestigieux et notre avenir me direz-vous ?
La Société genevoise d'utilité publique est une association, sans but lucratif, sans appartenance politique sociale ou religieuse, engagée au service de la communauté genevoise. Notre but est de favoriser le bien-être moral et culturel de la population.

Cette mission nous la vivons aussi bien dans le soutien à des oeuvres caritatives ou culturelles que dans la réflexion à plus long terme sur des problèmes de société ou des thèmes d'actualité propres à dynamiser notre canton et renforcer les liens confédéraux.

Il est encore trop tôt pour vous dévoiler les projets et réflexions qui animent nos travaux. Notre comité se penche toutefois sur plusieurs thèmes de conférences et débats sur des sujets d'actualité et nous avons aussi un  projet d'importance qui vise à conserver à Genève une collection privée de premier plan pour le patrimoine culturel de notre ville. 

Nous avons des idées et les concrétisons avec peu de moyens grâce à votre soutien, membres de la société, amis donateurs et sponsors de nos activités. C'est grâce à vous que nous pouvons poursuivre notre mission au service de la communauté.

Merci donc de vous être associés à cette fête. Votre présence et votre amitié nous vont droit au coeur. C'est dans cette énergie positive que nous puisons la force et la motivation de poursuivre notre route.

Je voudrais aussi remercier ici nos autorités, sponsors et donateurs et amis sans qui l'organisation de cette soirée gratuite n'aurait pas été possible, en particulier le  Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève, le Conseil administratif de la Ville de Genève, la commune de Confignon, le Service des espaces verts et de l'environnement de la Ville de Genève, la Société suisse d'utilité publique, le Centre genevois du volontariat, l'UBS SA, l'agence immobilière Bertrand Tournier, André Maréchal SA, Benoît de Gorski SA, Lombard Odier Darier Hentsch & Cie, la Clinique des Grangettes, Mavala SA, M. Hans MAUTE et Mme Doris MAUTE BOBILLIER, la boulangerie RUCKSTUHL à Genève, la Migros, M. Blaise ROSSELAT, Starlac Concept, Mme Cécile PERREARD, présidente de la Fondation Transport-Handicap  qui nous a apporté un soutien efficace, l'association Une fois un cirque... qui nous accueille ici sous son chapiteau et enfin les membres du Comité d'honneur et enfin le comité d'organisation qui a oeuvré sans relâche pour la réussite de cet anniversaire. 

Notre présence ici sous ce chapiteau résulte d'un coup de coeur. 

En effet, l'été dernier, plusieurs membres de notre comité ont assisté au spectacle de la tournée 2002 de l'association Une fois, un cirque… de Confignon et ont été conquis par sa gaieté, sa fraîcheur et son dynamisme. C'est la raison pour laquelle  nous avons choisi de vous inviter à leur dernier spectacle: "La Boîte à malices". Nous pensons que cette association et sa fondatrice, Madame Renée PAHUD, méritent un coup de chapeau. C'est l'illustration parfaite que l'on peut concrétiser beaucoup avec de l'enthousiasme et de la volonté malgré des moyens limités. 

Je vous remercie encore de votre présence...

 

 

CONCOURS
 

 «Quelle est pour vous
la vraie richesse de la Suisse?»

L'idée

Dans le métro parisien, une affiche gigantesque représente un paysage de montagnes avec pour légende «La vraie richesse de la Suisse». Les milieux suisses du tourisme ont voulu ainsi suggérer au public parisien que la Suisse détient bien d’autres richesses que les comptes à numéros de quelques potentats indélicats. Excellente publicité ! Bon pour le tourisme, bon pour l’image de la Suisse en général.

La Société genevoise d’utilité publique a poussé plus loin la réflexion. A l’aide d’un bref sondage, elle a constaté que chacun, en Suisse, se targue d’être le créateur d’une richesse qui l’emporte sur toutes les autres: le professeur en dispensant du savoir, l’artiste en créant de la beauté, le banquier en favorisant la création de richesses matérielles, l’ingénieur avec ses turbines, ses machines, ses robots, bref, chacun ne voit que son apport, son univers restreint. D’où l’idée de lancer un concours sur le thème «Quelle est, pour vous, la vraie richesse de la Suisse?»

Le concours

Le concours a été annoncé par un dépliant adressé aux membres de la Société genevoise d’utilité publique, une affiche dans les locaux des Universités de Genève et Lausanne et une annonce répétée trois fois dans Le Temps.

Il nous a valu 35 réponses de Suisse, de France et de Belgique. Une réponse du Brésil est arrivée trop tard pour qu’il soit possible d’en tenir compte.

Après un examen attentif de toutes les contributions, le jury, composé de deux membres du Comité de la Société genevoise d’utilité publique, de deux rédacteurs du journal Le Temps et d’un sociologue, s’est réuni le 8 janvier 2003 pour prononcer son verdict.

Le verdict

Tout en reconnaissant l’intérêt de certains travaux et le soin apporté à la présentation de l’un ou l’autre d’entre eux, rédigé parfois en forme de poème, le jury a constaté avec regret que, considérées globalement, les réponses reçues n’atteignaient pas le niveau espéré. Elles manquent en général d’originalité et d’une argumentation convaincante, et fourmillent trop souvent de lieux communs. Il a décidé par conséquent de ne pas décerner de premier prix.

Le deuxième prix a été attribué à Stéphane BOVON, à Vevey, pour sa réponse sous forme de bande dessinée, originale et talentueuse.

Le troisième prix est allé à Stéphane NORTIK, à Genève, lui aussi auteur d’une bande dessinée, d’un humour décapant.

Enfin, un prix spécial du jury a été décerné à Jacqueline THEVOZ, à Larringes-sur-Evian, dont le texte se distingue par un humour rafraîchissant.

Quelques extraits 

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Extraits du texte de Jacqueline THEVOZ

«A mon humble avis, la vraie richesse de la Suisse, c’est le savoir-vivre de son peuple (le vrai, celui qui n’a pas été modifié par des voyages à l’étranger ou par des immigrés). Le Suisse authentique, le pur Suisse a été poli directement par Dieu. [...]

Enfant, [...] il est soigneux. Il ne fait jamais de miettes. Il remet toujours les objets à  leur place. Il ne commet jamais d’impairs. Délicat, plein de tact, il garde la mesure en tout et pratique les nuances et la prière. [...]

En société – une société dans laquelle il a bien fallu qu’il entre – il ne pense qu’aux autres, se fait tout petit et a toujours peur de déranger. On l’aime d’office. S’il fait du mal à une mouche, c’est qu’elle l’embête vraiment et il se cache pour s’en débarrasser crûment.

Adulte, il ne sera pas coureur. C’est l’homme d’une seule femme, qu’il épousera après de longs mois, voire des années de fiançailles et de virginité. Le jour de son mariage, il aura hâte de quitter les foules pour se reposer. Et si sa douce épouse a tenu à ce qu’ils passassent leur nuit de noces à l’hôtel, il se lèvera tôt, le lendemain, pour laver à l’eau tiède et au savon le petit coin de drap souillé par cette semence dont il a un peu honte. Il veut passer partout inaperçu et il y parvient. On l’adore parce qu’il ne fait pas de bruit et n’est une gêne pour personne, et parce qu’il ne prend jamais la place des autres ni la parole le premier. [...]

Le Suisse éternue et tousse toujours sans bruit parce qu’il s’est exercé à étouffer ses orgasmes. Il ne chante à pleine voix que dans les chorales. Il bâille en gardant la bouche fermée, même quand il est seul. [...] Il évite de danser, car il ne sait pas. Il n’est pas fait pour cela. Et les danses suisses ne sont pas spectaculaires et le Suisse ne l’est pas non plus. [...] Il est fier et a de quoi l’être. C’est l’être idéal. Il se lave souvent les mains. Il ne se révolte jamais.

Si la Suisse était le seul pays du monde, l’Histoire n’existerait pas, car les Suisses craignent la guerre et sont patients et bons. Ils acceptent tous les réfugiés du globe terrestre et le globe terrestre en profite. Ce sont des gens sans histoire.

Ils sont le repos de Dieu, ce Dieu au nom duquel ils sont ce qu’ils sont et qui figure dans leur Constitution. Pour les récompenser, Dieu a fait de leur pays un pays riche, riche en population, en races diverses, en langues et en banques, un pays génial qui a su dompter le temps, les eaux et les montagnes.

Le savoir-vivre des Suisses les aura suivis tout au long de leur histoire. On les payait pour qu’ils vinssent se battre à la place d’autrui. Les papes eux-mêmes ne voulurent choisir personne d’autre pour les servir, parce que les Suisses sont les plus doux, les plus pacifiques, les plus souriants, les plus obéissants, les plus pieux, et parce que l’uniforme que Leurs Saintetés voulaient leur imposer convenait particulièrement à  leur esprit conservateur et neutre. Car les Suisses sont foncièrement neutres, cumulant en eux toutes les couleurs du prisme à la fois. Ils s’entendent donc avec tout le monde, même s’il leur est pénible de vivre avec des ressortissants étrangers tout colorés de mœurs bruyantes et différentes. Simplement, ils s’arrangent pour manger à  part. [...]

Il y a un monde dans le cerveau des Suisses, un monde qui ne sort pas aussi facilement que chez les Français, leurs bons voisins, peut-être parce que leur savoir-vivre ne leur permet pas d’être démonstratifs. Mais ils sont infiniment plus riches en sentiments puisque sans soupape. Les Suisses sont des mondes de sensibilité cachée. [...]

Le jour où la Suisse sera diluée dans l’Europe, le souvenir de ce qu’elle aura été demeurera. Mais elle est si bonne qu’elle ne connaîtra pas le regret de son sacrifice. Elle se fera toute petite, de plus en plus petite. Elle est née pour cela, pour se fondre par amour. C’est là le parfait savoir-vivre: se laisser avaler sans broncher, sans se rebeller, comme les martyrs, comme les saints.

Le Suisse chérit la croix de son drapeau, un drapeau lavé et repassé par ses femmes. Des femmes toujours prêtes à faciliter la vie de leurs hommes et des hommes en général. Quand elle se rend chez son médecin, la Suissesse, qui craint toujours de lui faire perdre du temps, a préparé sa monnaie, a mis des souliers qu’on n’a pas besoin d’attacher et un soutien-gorge qui se croche sur le devant. Elle parle le moins possible pour ne pas faire attendre les patients suivants, avec lesquels elle s’est gentiment entretenue à la salle d’attente. [...]

En amour, [le Suisse] ne pense qu’à sa compagne, qu’il n’ose pas brusquer. Lors du dépucelage, il prend son temps, puis évite de montrer bruyamment son émotion finale tandis que sa Suissesse, elle, fait semblant de jouir, pour lui faire plaisir. C’est là le véritable amour. Et ils sont tous les deux pleins de gratitude. Les Suisses remercient toujours, même quand ils donnent. [...]

Les Suisses appréhendent l’Europe trop grande, ils craignent les Français trop vifs, les Allemands colériques, les Italiens hurleurs, les Espagnols qui vivent la nuit et dorment le jour. Ils redoutent le monde. Ils préfèrent respirer régulièrement et paisiblement à l’ombre de leurs montagnes plutôt que dans les courants d’air marin ou sur les chaires internationales, afin de pouvoir trépasser tranquillement chez eux plutôt que sur un champ de bataille. En fin de compte, on dira qu’ils savent vivre tout en ayant du savoir-vivre, et c’est là leur vraie richesse, pensé-je humblement.»

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Voici quelques extraits des réponses d’autres concurrents qui, bien que non distingués par le jury, nous ont paru avoir quelque mérite, soit par le choix de l’objet même de la richesse, soit par la forme de leur réponse :

 «A une question qui se veut percutante, ma réponse sera à la fois simple et sans équivoque: la vraie richesse de la Suisse – comme, en définitive, de tout autre pays –  ce sont ses habitants, indigènes et immigrés confondus. [...]

Si la Suisse entend conserver et raffermir les bases sur lesquelles elle bâtira sa prospérité future, elle n’échappera pas à un exercice d’introspection portant notamment sur les structures protectionnistes de son économie domestique, comme aussi sur la qualité de sa formation à tous les niveaux et son adaptation aux exigences d’une société mondialisée et, dès lors, de plus en plus compétitive.»

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Un autre concurrent écrit:

«[...] De mon point de vue, la vraie richesse de la Suisse c’est l’eau. La Suisse jouit d’un grand privilège: elle possède des ressources en eau suffisantes pour couvrir les besoins de sa population. Celles-ci proviennent des nappes souterraines, des sources et des lacs. [...]»

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Un troisième concurrent a pris la peine de présenter ses thèses en vers:

«Quelle est donc la vraie richesse de la Suisse?
Serait-ce la pauvreté de tous ces pays,
Riches certes dans nos banques qu’ils remplissent,
Avec l’argent de la souffrance et du mépris?
[...]

Quelle est donc de la Suisse la vraie richesse?
Serait-ce la mémoire de ses traditions,
Dans un monde qui change à toute vitesse,
Comme un clin d’œil au passé de chaque canton?

Serait-ce la beauté de nos paysages,
La paix de nos lacs, l’or blanc de nos montagnes,
La fondue aux fromages de nos alpages,
Qui font de la Suisse un pays de Cocagne?
[...]

C’est l’Europe avant l’heure, pourtant refusée.
Par cette crainte de perdre une identité;
L’identité suisse, le secret bancaire,
La liberté d’une Suisse terre à terre.
[...]

La vraie richesse de la Suisse est sans doute
Le maintien de l’ordre public coûte que coûte,
L’attachement aux valeurs qui ont fait du pays,
Une île de paix avec des points sur les i.
[...]

La vraie richesse suisse, c’est vous et moi,
Alémaniques, francophones et tessinois,
Immigrés, émigrés et aussi étrangers,
Qui croyez aux vertus suisses et les défendez,
Et qui n’acceptez pas tout ce qui contribue
Aux injustices, misères et autres abus.
[...]

La Suisse est riche de ce qu’elle refuse.
La guerre, la misère et l’indifférence,
Riche de tout ce qui a fait sa différence
Pour affronter les maux, qui le monde usent.
[...]

Mais la Suisse est pauvre de tous ses errements,
Lorsqu’elle préfère aux êtres humains, l’argent.
La richesse, la vraie, a de plus nobles idées,
La Suisse les connaît et peut les inventer,
Dans le temps qui presse, faut-il qu’elle avance
Vers sa vraie richesse, faite de nuances...
»

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Une autre concurrente a elle aussi l’âme poétique:

«Dans mon pays vous viendrez, d’ailleurs ce n’est pas mon pays, je ne sais pas à qui il est, j’y suis rentrée comme ça un jour. Il y avait des gens qui parlaient italien, allemand, français et même une autre langue que je ne connaissais pas...

Mais toi  l’étranger qui y est né ou tout juste arrivé, tu n’es pas là par hasard! Qu’est-ce qui a guidé tes pas ou ceux de tes parents, vers cette terre sans mer, au milieu de nulle part... quelle est ton histoire?

[...]

Pour toi, l’amoureux de la nature, le sportif inépuisable,
Des montagnes dressées, des lacs étendus,
Des chalets en bois.
L’air pur, la bise glacée!
Pour toi, le retraité tranquille, le voyageur fatigué,
Des cures thermales,
Des salons de thé,
Des promenades à pied!
Pour toi, l’homme d’affaires pressé, le trader ambitieux,
Des banques alignées,
Des lieux bien fréquentés,
Des hôtels avec portiers!

[...]

Pour toi, le drogué régulier, le baroudeur décalé,
De la came autorisée,
Des endroits peu fréquentés,
Des seringues neuves distribuées!
Pour tous ceux qui sont attirés,
Quelque chose de particulier,
Un eldorado rêvé,
Une richesse convoitée!
 

C’est un peu comme une «auberge espagnole» sous la forme d’un «chalet suisse»! On y trouve ce que l’on veut tant que l’on sait ce que l’on cherche. On prend, on donne puis on repart. Parfois aussi, on s’installe pour de bon!

[...]

Dans mon pays vous viendrez...»

 

D’autres réponses témoignent de l’intérêt que notre concours a suscité et de la conviction que la Suisse recèle de vraies richesses, pas toujours clairement définies.

 

MERCI
à tous les concurrents!